​Mister Bob
Samedi 16 septembre à 23H25

1964. Robert Denard est un de ces soldats en rupture de banc qui louent leurs services auprès des régimes africains issus de la décolonisation. Malgré le contexte de la Guerre Froide, c’est un aventurier plus qu’un idéologue. Il se sent à l’étroit dans la France étriquée du début des années soixante et rêve d’un destin. Lorsque Moïse Tshombé, premier ministre du Congo, lui propose de prendre part à la guerre civile sanglante qui menace son gouvernement, il n’hésite pas. Après s’être assuré auprès des “services” français qu’il n’enfreignait aucune chasse gardée, il s’envole pour le Congo. 
Dés son arrivée sous l’équateur, Denard met sur pieds une unité de mercenaires qui part guerroyer dans la jungle contre les rebelles Simbas. En l’espace d’un an, les forces loyalistes épaulées par différentes unités de mercenaires parviennent à reprendre le contrôle de la majeure partie du pays. Mais au moment où la paix semble revenir, le jeune et ambitieux Général Mobutu, ministre des armées, prend le pouvoir à la faveur d’un coup d’état. Pour Denard, la situation devient inconfortable. A tort ou à raison, on le considère comme l’homme de Paris, et Mobutu est l’homme des américains – qui tentent de prendre pieds en Afrique. 
Contre toute attente une entente se crée entre Denard et le jeune dictateur. Denard n’a jamais eu les faveurs de l’establishment parisien, il est avide de reconnaissance. Mobutu le sent et lui propose travailler pour lui. 
Durant les mois qui suivent, Denard s’attelle pour Mobutu à la refondation de l’appareil militaire congolais. Il se voit confier l’autorité de fait sur une région entière qu’il convient de remettre en ordre après les ravages de la guerre civile. C’est également une période riche sentimentalement car Denard vient d’y rencontrer une des femmes qui vont marquer sa vie. 
Mais cette existence de notable ne dure qu’un temps. En Juillet 66, une nouvelle rébellion éclate. Cette fois-ci il s’agit des séparatistes katangais qui veulent déposer Mobutu et ramener l’ex-premier ministre Tschombé au pouvoir. Les “services” français soutiennent Tschombé contre Mobutu le pro-américain, ils somment Denard de se retourner contre celui à qui il doit son ascension. La position de Denard est d’autant plus inconfortable que les Katangais, qui constituent l’élite de l’armée congolaise, sont ses frères d’armes depuis des années. 
Tentant de concilier les contraires, Denard voudrait convaincre les katangais de rentrer dans leurs casernes, et Mobutu de faire preuve de clémence envers les mutins. Il croit obtenir gain de cause, mais Mobutu le manipule et Denard se retrouve contraint de participer à l’anéantissement des mutins. 
Dés lors, les jours de Denard au Congo sont comptés. Il comprend qu’il n’a d’autre choix que de prendre le parti de la France de soutenir Tschombé qui prépare déjà un nouveau coup d’état. Mais Denard n’est pas de taille face au machiavélisme de Mobutu ou au cynisme qui préside à “la politique africaine de la France”. Il manquera d’y laisser sa vie et sera contraint de s’enfuir vers d’autres cieux. Sa carrière connaîtra d’autres champs de bataille, mais toujours il sera cette “homme qui voulut être roi”, à la fois romanesque et dérisoire. 
 
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