Ismail Hakki Musa, ambassadeur de la Turquie en France : “Erdogan a été élu démocratiquement”
"La Turquie d'Erdogan est-elle une dictature ?"

Un Monde en docs - dimanche 17/06 à 00h10 et 11h

Exclu Public Sénat

​Invité de Nora Hamadi pour l’émission Un monde en docs diffusé le dimanche 17 juin à 00h30 et à 11h, à la suite de la diffusion du documentaire La Turquie selon Erdogan, Ismail Hakki Musa, ambassadeur de la Turquie en France a refusé l’appelation de dictateur pour qualifier Recep Tayyip Erdoğan, et a rappelé que le président turc avait été élu démocratiquement. Alors que les éléctions présidentielles et législatives se tiendront le 24 juin prochain en Turquie, l’ambassadeur de la Turquie en France a affirmé que le président Erdogan respecterait le verdict des urnes. 

A la question, “si Recep Tayyip Erdoğan perd les élections le 24 juin prochain, rendra-t-il le pouvoir ?”, il répond :

« Bien sûr. Recep Tayyip Erdoğan, notre président de la République, fait partie de ceux qui évaluent bien ce que les urnes représentent, en tant que valeur démocratique. C’est par ces urnes qu’il est sorti. Il doit sa carrière aux urnes. […] S’il n’est pas élu, il n’est pas élu : ce sera le verdict des urnes, et ce sera l’opinion du peuple turc. Il n’y a pas mieux que lui pour respecter l’opinion du peuple. »

A propos des menaces faites à l’encontre du journal Le Point et des kiosquiers exposant leur Une, il déclare :

« Est-ce qu’il y a eu une plainte quelconque qui a été déposée auprès du procureur de la république ? Est-ce qu’il y a eu une plainte qui a été déposée devant la gendarmerie de Pontet ? Non. » […] Ce sont des actions entamées par des gens qui sont venus, sur place, un peu trop enthousiasmés peut-être. Rien ne nous permet de tolérer cela. […] Quel que soit le titre d’un journal ou d’un magazine, il n’y a pas de raison de créer une tempête dans un verre d’eau ».

A la question “Recep Tayyip Erdoğan est-il un dictateur ?”, il répond :

« Non. Recep Tayyip Erdoğan est un leader élu démocratiquement. Je vous rappelle qu’il a gagné 12 élections successives, c’est quand même rare dans une démocratie. Erdogan a été élu par le peuple turc. Il faut avoir du respect pour le choix du peuple turc. Est-ce qu’on ne prend pas le peuple turc au sérieux ? C’est cela qui m’inquiète le plus. Quand on se prononce au nom de la liberté d’expression, […] même si je n’approuve pas tout ce qui est dit et écrit, je respecte ces avis émis ici et là, mais j’invite ces braves journalistes, ou autres, politiques […] avant de qualifier de quoi que ce soit, qu’ils analysent de près le parcours politique de notre président. »

L’émission : “La Turquie d’Erdogan est-elle une dictature ?” – Un Monde en docs 17/06
​Un an seulement après le référendum constitutionnel de 2017, les Turcs sont de nouveau appelés aux urnes le 24 juin pour des élections générales anticipées. Le scrutin qui se tiendra près d’un an et demi avant l’échéance normale, marquera le passage de la Turquie vers un régime présidentiel, renforçant constitutionnellement les prérogatives du chef de l’Etat. Quelles conséquences les élections à venir auront-elles sur la politique turque ? Comment peut-on caractériser le pouvoir d’Erdogan ? Quelle place occupe désormais la Turquie sur la scène internationale ? Nora Hamadi et ses invités ouvrent le débat.

La Turquie selon Erdogan, documentaire à voir sur Public Sénat le samedi 16 juin à 23h25 et le dimanche 17 juin à 10h, ainsi qu’en replay sur publicsenat.fr.
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