Parents à perpétuité

Un documentaire d’Anne Gintzburger
Production Chasseur d’étoiles 

54 minutes

Samedi 6 février à 22H & Dimanche 7 février à 9H

22H :  Documentaire “Parents à perpétuité” 

Un crime reste un crime, et la mort d’un enfant ne se console jamais d’explications ou de demandes de pardon. Mais lorsque ce sont les mains d’un autre enfant qui donnent la mort, c’est comme si l’on repoussait encore plus loin les limites du supportable. Tout échappe à l’entendement.


Agnès avait 13 ans, elle est morte violée, torturée et brûlée. Matthieu avait 17 ans, il a prémédité l’assassinat de sa camarade d’internat au collège du Chambon sur Lignon (Haute Loire) en novembre 2011. Il est à ce jour le seul détenu de France condamné à la prison à perpétuité pour un crime commis lorsqu’il était mineur. 
La voix des parents d’un enfant meurtrier est celle qu’on n’entend jamais, du moins quand ceux ci ont le malheur modeste. Sophie et Dominique sont des parents irrémédiablement marqués. La honte et la culpabilité ne les quittent pas un instant, mais ils sont debout. Parce que leurs filles de 17 et 11 ans ont besoin d’eux, et parce que Matthieu reste leur fils pour toujours. 
À travers le témoignage inédit de Sophie et Dominique, ce film raconte et interroge le parcours d’un couple ne parvenant pas à sortir du gouffre où le crime de leur fils les a plongés. De ce fait, il convient d’enquêter sur cette tragique affaire pour analyser ce qui a précipité une jeune fille vers la mort et un adolescent en prison. Et comprendre aussi comment ce crime a été possible, en récidive. En effet, 1 an avant de tuer Agnès
, Matthieu avait déjà violé une de ses amies d’enfance. Il avait été incarcéré 4 mois avant d’être remis en liberté.
Face à la caméra, Sophie et Dominique se racontent et sortent de l’ombre pour la première fois, revenant sans complaisance sur tous les faits. De manière transversale, ce film interroge la parentalité. Que transmet-on à son enfant ? Comment l’aider lorsqu’on pressent qu’il perd pied ? Et que l’on est brutalement confronté à sa folie ?
Peut-on, lorsqu’on est parent, pallier les défaillances des institutions ?  Peut-on continuer à soutenir et aimer un enfant meurtrier ? Et comment continuer à vivre avec les enfants qui restent, comment rester un couple dans cette épreuve terrible ?
Voici l’histoire d’une femme et d’un homme ayant pris mille ans en l’espace de quelques années, ressassant le passé et redoutant le futur. L’histoire de parents ordinaires et bouleversants qui continuent de veiller sur leur enfant assassin, aujourd’hui – et enfin – soigné en prison pour une grave pathologie.

Questions à Anne Gintzburger, réalisatrice  :

Pourquoi ce film?
“Avec « Parents à perpétuité », un film documentaire difficile mais qui me parait indispensable, je poursuis l’engagement de Chasseur d’étoiles au service des valeurs et des convictions qui sont les miennes. J’assume un point de vue engagé, lucide et pédagogique. Avec l’humain au cœur de mon travail et le débat contradictoire pour guide. Je suis fière et émue que Public Sénat me fasse confiance avec ce film pour lequel j’ai voulu tracer un récit exigeant, évidemment empreint de respect pour la mémoire et la famille d’Agnès. Et je crois que le choix d’un tel sujet, peut contribuer, à faire progresser la société, notamment sur la question de la prise en charge des malades mentaux en prison”.

Comment vous êtes vous lancée dans cette aventure complexe et comment avez-vous travaillé avec les parents de Matthieu? 
 
“Avant de décider de me lancer dans ce documentaire, je me suis promis de ne jamais oublier le sourire d’Agnès. Puis j’ai passé du temps à regarder des photos de Matthieu. Il me fallait mettre un visage sur le récit de l’horreur. Le garçon au sourire d’ange est d’ailleurs partout dans la maison familiale. Ses sœurs et ses parents m’ont raconté l’histoire de chacune de ces photos de vacances, d’anniversaire, d’école, de vie toute simple. Il faut soutenir le regard des parents de Matthieu lorsqu’ils racontent l’effroi, mais je suis déterminée à faire entendre leurs voix. Sans mièvrerie, sans jugement, et avec une juste distance”.

Quels rapports entretiennent aujourd’hui les parents de Matthieu  avec leur fils ?

“Une fois par semaine Sophie et Dominique vont voir leur fils en prison. Six heures de route, quarante minutes de parloir. Ils ne savent jamais dans quel état ils vont le trouver.  Plusieurs fois, Matthieu leur a demandé de l’oublier,  de le laisser, et de reconstruire leur vie sans lui. Mais eux savent qu’ils ne l’abandonneront jamais. Et que derrière le visage de l’assassin, il reste leur fils. A perpétuité”.

22H :  Débat

« Samedi soir, Dimanche matin » animée par Nora Hamadi 
Samedi à 22H et Dimanche à 9H


 
Un rendez-vous privilégié composé de deux grands documentaires à 22H et à 23H15, puis d’un face à face de 22H à 22h10 avec le réalisateur suivi d’un débat animé par Nora Hamadi de 23H à 23H15 autour du premier documentaire.