​Présumés coupables, quand la justice s’emballe
Samedi 1er avril à 22H

22H00- FACE À FACE avec un réalisateur du documentaire “​Présumés coupables, quand la justice s’emballe”

22H05 – LE DOC 
Ils s’appellent Pascal, Gilles, et Daniel. L’un est ouvrier, l’autre prêtre et le troisième vigneron. Leur point commun ? Mêlés malgré eux à des faits divers, ils ont été mis en détention provisoire pour de longues périodes. Ils en sont sortis totalement innocentés, mais toute leur vie a basculé du jour au lendemain.

Comme eux, chaque année, 500 personnes quittent les prisons françaises après une décision de justice qui les blanchit définitivement. Si l’Etat débourse annuellement 10 millions d’euros pour les dédommager, très peu peuvent retrouver leurs conditions de vie antérieures. Elles ont souvent perdu leur travail, leur logement, leur famille parfois, mais aussi leur réputation et leur honneur… et toute confiance en la Justice.

La détention provisoire consiste à emprisonner un individu mis en examen le temps de l’enquête, avant la décision de justice censée trancher entre son innocence et sa culpabilité. En théorie, elle ne peut dépasser quatre mois en matière correctionnelle et un an en matière criminelle. Mais en pratique, par un jeu de renouvellements, elle peut durer plus de quatre ans.

Cette mesure entre en contradiction avec un principe central du Droit français : la présomption d’innocence, qui affirme qu’un individu est innocent tant qu’il n’a pas été jugé coupable. Mais ce principe est-il vraiment respecté quand un mis en examen est traité de facto comme un coupable et placé en prison avec d’autres détenus qui, eux, ont été condamnés ?

Par ailleurs, le placement en détention provisoire est censé être exceptionnel. Mais le dernier rapport de la Commission de Suivi de la Détention provisoire montre qu’en 2016, plus de 20 000 prisonniers sont en détention provisoire. C’est donc près de 30% de la population carcérale française qui n’est pas officiellement reconnue coupable de quoi que ce soit.

À travers les témoignages poignants de Pascal, Gilles et Daniel et l’analyse d’un juge et d’un avocat, ce film nous offre une plongée au cœur des contradictions de notre système judiciaire : que reste-t-il aujourd’hui de la présomption d’innocence ? Et par quels mécanismes un citoyen ordinaire et innocent peut-il être traité comme un coupable avant même d’avoir été jugé ? 

23H00 – DÉBAT :  Animé par Nora Hamadi 

Présumés coupables, quand la justice s’emballe (52′)
Un film de Stanislas de Haldat, Emmanuelle Nobécourt et Yann de Sousa
Production Al Di Sopra (52 min)

Rediffusions :
Dimanche 2 avril à 9H

Samedi 8 avril à 23H15
Dimanche 9 à 10H20 et 18H