« Vies à l’épreuve »
Réalisation Benoîte Juneaux 

Samedi 18 février à 21h30









C’est l’histoire d’une lutte, celle des dockers, pour le maintien de leur identité, de leurs valeurs malgré les profondes mutations du métier. Au Havre ou à Nantes-Saint-Nazaire, depuis plusieurs décennies, des générations de caliers, de vraquiers, de transporteurs, besognent pour décharger les millions de tonnes de cargaisons venues du monde entier. Ces hommes, qui exercent ce métier historique, étendards légendaires d’une époque glorieuse de la classe ouvrière et de la lutte syndicale, chevilles de la mécanique des échanges globalisés, ont assisté, aux premières loges, aux métamorphoses de la mondialisation, depuis les années 1950 et l’explosion du trafic maritime. Et ces mutations profondes de la globalisation impriment de leurs sceaux, année après année, leur métier contrait désormais à la polyvalence et la flexibilité. Dernière carte à jouer pour résister à l’entière automatisation qui nargue les ports européens.    

Si la charge physique s’est réduite, une menace, silencieuse, pernicieuse, les décime : la toxicité grandissante du fret international. Au Havre, l’amiante, interdite en 1997, a fait plus de 300 victimes. A Montoir de Bretagne, 210 dockers travaillent encore au contact de polluants. Car dans les containers, et les cargaisons en vrac de céréales, de bois, de charbon, ou de nitrates, se mêlent pesticides, fongicides … Des matières chimiques venus d’Ukraine, du Brésil et d’Argentine et soumises à aucune réglementation internationale. 

Face à cette multi-exposition, les dockers disparaissent trop vite. Les chiffres sont sans appel : on meurt 10 ans plus tôt que la moyenne française quand on a travaillé sur les docks. A Nantes et Saint Nazaire près de 50% des travailleurs portuaires seraient atteints de multiples cancers. Devant cette maladie encore taboue, certains dockers refusent le silence, et se battent pour la reconnaissance de leur maladie professionnelle, dans la dignité et la solidarité. Un parcours du combattant. A ce jour, aucun d’entre eux n’a obtenu gain de cause.

Réalisation Benoîte Juneaux 
Wild Angle productions & Public Sénat
Rediffusions
Lundi 20 février à 7h
Jeudi 23 février à 18h