Yitzhak Rabin, 1922-1995, le guerrier de la paix

« Yitzhak Rabin, 1922-1995, le guerrier de la paix »
Samedi 7 novembre à 22H & Dimanche 8 octobre à 9H
d’Yves Azeroual. Production AB groupe
Durée 52′ 

Jamais, dans l’histoire d’Israël, une foule aussi dense, aussi homogène, aussi silencieuse ne s’était rassemblée, plongée dans un même recueillement, une même piété. Unie, sans distinction de classe sociale, d’étiquette politique, de croyance religieuse. Unie, pour rendre un dernier hommage à son premier Ministre assassiné, dont l’autorité avait permis d’envisager la paix avec les Palestiniens. A l’arrivée du corps sur le mont Herzl, ce cimetière où reposent les sépultures des personnalités du sionisme et de l’état d’Israël, plus de 4000 personnes se figent pendant deux minutes. Dont une quarantaine de chefs d’état et de gouvernement à l’unisson avec le reste du pays, en entendant le kaddish, la prière des morts selon la liturgie juive. Yitzhak Rabin fit la guerre aussi longtemps qu’il fut persuadé qu’il n’y avait aucune chance de faire la paix. Mais après des batailles et des deuils, des combats douloureux et des victoires trompeuses, il sut résolument engager son pays dans la voie de la négociation avec les Palestiniens, convaincu que le temps de la paix était venu. Ce choix lui coûta la vie…

Rappel historique :

-En 1917, les Britanniques prennent le contrôle de la Palestine à la suite de la défaite de l’Empire ottoman lors de la Première Guerre mondiale.
-Le 2 novembre 1917, une lettre ouverte signée par Arthur Balfour ministre des affaires étrangère britannique et adressée à Lord Lionel Walter Rotchild, éminence de la communauté juive anglaise et financier au mouvement sioniste, promet l’établissement du peuple juif en Palestine :
Déclaration de Balfour : « … Le gouvernement de Sa Majesté envisage favorablement l’établissement en Palestine d’un foyer national pour le peuple juif, et emploiera tous ses efforts pour faciliter la réalisation de cet objectif, étant clairement entendu que rien ne sera fait qui puisse porter atteinte ni aux droits civils et religieux des collectivités non juives existant en Palestine, ni aux droits et au statut politique dont les Juifs jouissent dans tout autre pays…. »
-Le 29 novembre 1947, l’ONU vote le plan de partage de la Palestine en deux états, l’un juif, l’autre arabe avec 33 votes « pour », treize « contre » et dix abstentions. Dés le lendemain débute la guerre civile de 1947-48 en Palestine qui durera jusqu’au 15 mai 1948 date de la fin du mandat britannique.
La déclaration d’indépendance de l’État d’Israël est proclamée le 14 mai 1948 par le président de l’agence juive David Ben Gourion qui devient le Premier premier ministre du nouvel Etat.

Les pays arabes voisins L’Egypte, la Jordanie, La Liban et la Syrie lui déclarent immédiatement la guerre et envahissent Israël le jour même. Israël armé par les puissances européennes, se lance dans la 1ère guerre israélo-arabe, qui marque le début de l’Exode des 725 000 Arabes palestiniens hors d’Israël, et celui des juifs du monde entier vers le nouvel Etat.
A l’issue de cette guerre remportée par l’état Hébreux en 1949, sera créée l’armée de défense l’état d’Israël : Tsahal.
Israël conquiert 26 % de territoires supplémentaires par rapport au plan de partage et prend le contrôle de 81 % de la Palestine.

-Le 23 janvier 1950 Jérusalem est proclamée capitale d’Israel et le 5 juillet de la même année, le parlement Israélien vote la « loi du retour » qui garantit à tout Juif (ainsi qu’à son éventuelle famille non juive) le droit d’immigrer en Israël. 
-Le 5 juin 1967 éclate la guerre des six jours qui durera jusqu’au 10  juin, elle oppose L’Etat d’Israel à l’Egypte, la Jordanie et la Syrie.
Grand gagnant de cette guerre, Israël repoussa les armée défaites et tripla son emprise territoriale : l’Égypte perdit la bande de Gaza et la péninsule du Sinaï, la Syrie fut amputée du plateau du Golan et la Jordanie de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est.
Plus symbolique encore que la défaite arabe fut la prise de la vieille ville de Jérusalem. Israël considère alors la ville entière comme sa capitale, sans la reconnaissance de la plus grande partie de la communauté internationale.
-Dès juillet 1967, le gouvernement israélien lance le plan Allon qui préconise l’implantation de colonies dans les territoires occupés, particulièrement dans le Golan et la vallée du Jourdain, afin d’assurer la sécurité d’Israël. 
-Le 4 février 1969 Yasser Arafat devient le chef de l’OLP (Oraganistaion de libération de la Palestine).
-Le 6 octobre 1973, le jour de la fête du Kippour, la plus importante du calendrier juif, l’Égypte et la Syrie lancent par surprise une attaque coordonnée contre Israël : c’est le début de la guerre de Kippour.
Israel est mal embarqué dans cette guerre jusqu’au ravitaillement massif d’arment en provenance des USA. L’Etat Hébreux remporte la guerre et un cessez le feu est signé le 28 octobre 1973.
Malgré la victoire, la guerre laisse place à une crise politique dans le pays et amène la démission du premier ministre Golda Meir et son remplacement le 3 juin 1974 par Yitzhak Rabin qui exécutera son premier mandat avant de démissionner à son tour en 1977.
-Dix ans plus tard le 9 décembre 1987 éclate la première Intifada (ou guerre des pierres), premier soulèvement de la population palestinienne contre Israël.

La première Intifada marque la création du Hamas  et ne prendra fin qu’en 1993 lors de la signature des accords d’Oslo avec Bill Clinton, Yasser Arafat et Yitzak Rabin, réélu premier ministre en 1992.
Ils recevront le prix Nobel de la paix l’année d’après en 1994 pour « Pour leurs remarquables avancées dans les négociations de paix entre Israël et laPalestine. »
Ces accords attirent à Yitzak Rabin la sympathie d’une partie de la population et la haine des activistes d’extrême droite. Certains le voient alors comme un héros de la paix tandis que d’autres le perçoivent comme un traître ayant renoncé à une part du territoire promis dans la Bible au peuple juif.
Il est assassiné à 73 ans le 14 novembre 1995 par deux balles dans le dos tirées à bout portant par un activiste de l’extrême droite israélienne : Yigal Amir qui s’opposait aux accords d’Oslo.
La seconde Intifada qui commence en octobre 2000 avec le lynchage de deux soldats israéliens et la visite d’Ariel Sharon à l’esplanade des Mosquées et s’achèvera le 8 février 2005, tuera 4458 Palestiniens et 1045 Israéliens.

La seconde intifada est à l’origine de la construction de la barrière de séparation israélienne et à la prise de contrôle de la bande de Gaza par le Hamas, qui est depuis le théâtre de violents affrontements avec Israël dont trois majeurs en 2009, 2012 et 2014.

Samedi 7 novembre à 22h et dimanche 8 novembre à 9H

Ce documentaire est diffusé dans le cadre de la soirée 

Samedi soir, dimanche matin
Animée par Bénédicte Le Chatelier
Samedi à 22H et dimanche à 9H

Un rendez-vous privilégié composé de deux grands documentaires à 22H et à 23H15, d’un face à face de 22H à 22h10 avec le réalisateur suivi d’un débat de 23H à 23H15 autour du premier documentaire, animés par Bénédicte Le Chatelier.