Elisabeth Borne l'a dit sur publicsenat.fr

6 avril 2020

Elisabeth Borne, ministre de la Transition écologique et solidaire

Propos recueillis par Oriane Mancini

Lundi 6 avril 2020

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Sur le port du masque :
« Depuis le début de cette crise, la priorité est d’équiper les personnels soignants. Aujourd’hui nous montons en puissance sur la fabrication de matériels en France et sur les importations. L’industrie textile est par exemple mobilisée pour produire de nouveaux masques qui pourront être utilisés dans l’ensemble des secteurs. Et puis, nous nous adaptons aux préconisations des autorités sanitaires et nous ajustons en fonction de ces préconisations.
Le ministre de la Santé va consulter le comité de suivi scientifique pour savoir s’il faut les rendre obligatoires et l’on se conformera à leur avis. »


Sur le respect du confinement :
« On pouvait avoir des craintes notamment avec les départs en vacances mais les Français respectent dans leur grande majorité le confinement.
Ce week-end, 160 000 policiers et gendarmes étaient mobilisés mais globalement les règles ont été suivies.
On doit être tous mobilisés pour la gestion de cette crise. On a nos soignants qui sont en première ligne, d’autres secteurs qui assurent au pays de fonctionner alors chacun doit faire preuve de civisme parce qu’on est tous responsables de cette capacité à ralentir la progression de cette épidémie. C’est notre responsabilité collective. »


Sur le transport routier :
« Avec Jean-Baptiste Djebbari, nous sommes particulièrement attentifs aux conditions de travail des routiers. Ils jouent un rôle essentiel pour permettre à notre pays de fonctionner. C’est grâce à eux que l’on a des produits dans nos supermarchés ou que les masques arrivent dans les hôpitaux.
Aujourd’hui, nous veillons à ce que leurs aires de service et de repos soient ouvertes. Nous avons aussi précisé les règles de sécurité. Nous travaillons avec les organisations patronales pour éditer un guide des bonnes pratiques pour que les routiers puissent continuer à exercer leur métier très important en toute sécurité. »


Sur le BTP :
« Le secteur est quasiment à l’arrêt depuis l’annonce du confinement. Nous avons eu de longues discussions avec les entreprises du secteur pour définir des règles qui permettent la reprise de certains chantiers prioritaires et urgents. Un guide des bonnes pratiques a ainsi été publié la semaine dernière et certains chantiers ont déjà repris. »

Sur l'Énergie :
« Il n’y aura pas de problème d’approvisionnement. La consommation d’électricité et de gaz a baissé et la sécurité d’approvisionnement est bien assurée et garantie. »

Sur la collecte des déchets :
« Elle est assurée sur l’ensemble du territoire et il faut féliciter les personnels. On discute encore avec les entreprises pour réorganiser le travail. Il n’y a par exemple qu’un seul agent à l’arrière des camions.
En matière de tri, 60% des centres fonctionnent et on essaie de voir comment en relancer encore certains.
Aujourd’hui, c’est important que l’ensemble de cette chaîne puisse fonctionner. Certes une partie des déchets peut être réorientée vers l’incinération et l’enfouissement mais globalement le secteur continue à fonctionner normalement.
Nous travaillons d’ailleurs très étroitement avec les collectivités sur cette question et celle de l’énergie ou de l’eau. »


Sur les sites SEVESO :
« On continue évidemment à contrôler les sites SEVESO même si les plans de contrôle sont ajustés au vu de la situation. Nous restons très vigilants. »

Sur la SNCF :
« On a souhaité diminuer l’offre de TGV à 6% pour dissuader les déplacements des Français. Il va falloir faire le point avec la SNCF sur sa situation financière et la façon dont l’État peut soutenir l’entreprise. L’objectif est de manière générale de ne laisser tomber aucune entreprise.
On va regarder comment on peut assurer que la SNCF garde ses moyens d’investissement. »


Sur Air France :
« La nationalisation est une des possibilités. Cela peut passer aussi par des garanties dans un premier temps sur des prêts. On va regarder comment soutenir au mieux nos entreprises. Il est trop tôt pour faire les comptes aujourd’hui. »

Sur la privatisation d’ADP :
« Aujourd’hui cette question n’est évidemment pas d’actualité. Ce n’est pas une priorité. Tout le gouvernement est mobilisé pour répondre à la crise sanitaire. Ce que je peux vous dire, c’est que ce n’est pas un sujet prioritaire. »

Sur l’après-crise :
« La convention citoyenne sur le climat ira au bout de ses travaux et nous regarderons ses conclusions comme nous nous y étions engagés.
Aujourd’hui, il n’y a pas lieu d’opposer l’écologie et l’économie. Le contexte est bien différent de celui de 2008. On peut conjuguer "reprise économique" et "accélération de la transition écologique". Une crise ne chasse pas l’autre. » 

 

 

Tous les jours pendant la période de confinement, Oriane Mancini interroge un invité politique

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