Patrick Kanner l'a dit sur publicsenat.fr

2 avril 2020

Patrick Kanner, député du Nord, Président du groupe Socialiste et Républicain au Sénat

Propos recueillis par Oriane Mancini

Jeudi 2 avril 2020

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Sur Edouard Philippe :

« Le Premier ministre est assez constant. Il a évoqué la situation de santé. Une situation préoccupante avec une multiplication des cas graves et ces 6000 patients en réanimation.

Sur la question économique, il ne cache pas que la situation va aller en se dégradant avec cette crise sanitaire et ce confinement qui s’inscrivent dans la durée.

Globalement, il est extrêmement concentré et sans langue de bois. J’ai d’ailleurs apprécié ses propos de samedi très pédagogique lors de la conférence de presse avec Olivier Véran. Je préfère cette attitude à celle du président de la République beaucoup plus martiale. Je trouve qu’Emmanuel Macron semble chercher sa place dans cette crise.

Personnellement je ne parle pas d’unité nationale mais de responsabilité nationale. Notre devoir est d’accompagner le gouvernement tout en étant vigilant. La démocratie nécessite que l’opposition fasse son travail de contrôle.

Emmanuel Macron doit comprendre que le dialogue est important. On ne peut pas mettre la République en quarantaine sous prétexte d’unité nationale. »

Sur la sortie du confinement :

« Elle a été évoquée ce matin et plusieurs scénarios sont à l’étude. Tout le monde s’accorde à dire qu’elle n’interviendra pas avant fin avril et ça me paraît être une date minimum.

Quel que soit la date retenue, il faudra un déconfinement progressif avec des tests, des mesures d’âges… mais personne ne sait réellement comment et quand il se déroulera. En attendant, il faut surtout rassurer les Français et bien les informer.

Il faudra être extrêmement prudent et le plus clairvoyant possible sur les décisions qui seront prises. »

Sur le manque de matériel médical :

« Je ne veux pas polémiquer mais il y a de toute évidence un problème d’approvisionnement, de logistique et de répartition. La situation s’améliore lentement et la mobilisation d’industriels français va dans le bon sens.

Je suis étonné que lors de notre première réunion du 27 février, cette question du matériel médical n’ait pas été plus abordée. La vague ou l’ampleur de l’épidémie a peut-être été sous-estimée à ce moment là. Il aurait fallu mobiliser plus tôt notre économie et il y aura des enseignements à tirer à l’issue de cette crise. »

Sur le report des municipales :

"Très concrètement, plusieurs intervenants ont estimé ce matin qu’un report en juin semblait improbable avec un contexte de déconfinement toujours en cours et de fragilité économique.

Si 16 millions de français n’ont pas de maire, une élection en juin me semble effectivement prématurée.

Nous sommes devant une forme de crise démocratique. C’est une situation improbable !

Je reste convaincu que le 1er tour n’aurait pas dû se tenir d’autant que l’exécutif que le 2nd n’aurait pas lieu. Je le regrette. Ça a été le choix du Président de la République et c’était à lui de prendre la bonne décision, celle du report global.

Plusieurs participants ont proposé un report en octobre voir en mars prochain. Dans ce cas ce ne serait pas sans conséquence sur les élections sénatoriales. "

 

 

Tous les jours pendant la période de confinement, Oriane Mancini interroge un invité politique

Entretien disponible à midi sur publicsenat.fr, Facebook, Twitter et Youtube

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